Soutenance de thèse [08/09/16 – Télécom ParisTech]

J’ai le plaisir de vous inviter à la soutenance publique de ma thèse de doctorat en sociologie, intitulée

Instaurer des données, instaurer des publics
Une enquête sociologique dans les coulisses de l’open data

La soutenance se déroulera dans la salle du conseil E200 de Télécom ParisTech (46 rue Barrault, 75013 Paris) le jeudi 8 septembre 2016 à 15h.

Le jury sera composé de :

Jérôme Denis – Maître assistant habilité à diriger les recherches au Centre de Sociologie de l’Innovation (Mines ParisTech) – Directeur de thèse
Emmanuel Didier – Chargé de recherche CNRS, directeur adjoint d’Epidapo Lab, Institute for Society and Genetics (Université de Californie à Los Angeles) – Examinateur
Paul N. Edwards – Professeur à la School of Information et au Department of History (Université du Michigan) – Examinateur
Sophie Pène – Professeure au Centre de Recherche Interdisciplinaire (Université Paris Descartes) – Rapporteure
Serge Proulx – Professeur émérite à l’Ecole des Médias (Université du Québec à Montréal) – Examinateur
Valérie Schafer – Chargée de recherche CNRS habilitée à diriger les recherches, à l’Institut des Sciences de la Communication (CNRS/Paris-Sorbonne/UPMC) – Rapporteure

En raison des contrôles à l’entrée de l’école, veuillez vous inscrire dans le formulaire à l’adresse suivante :
https://samgoeta.typeform.com/to/bKfAqP

Résumé

Alors que plus de cinquante pays dans le monde ont entrepris une démarche d’ouverture des données publiques, la thèse enquête sur l’émergence et la mise en œuvre des politiques d’open data. Elle repose sur l’analyse de sources publiques et sur une enquête ethnographique conduite dans sept collectivités locales et institutions françaises. Revenant sur six moments de définition de grands « principes » de l’open data et leur traduction en politique publique par une institution française, Etalab, ce travail montre comment la catégorisation par l’open data a porté l’attention sur les données, en particulier sous leur forme « brute », considérées comme une ressource inexploitée, le « nouveau pétrole » gisant sous les organisations. L’enquête montre que le processus de l’ouverture débute généralement par une phase d’identification marquée par des explorations progressives et incertaines. Elle permet de comprendre que l’identification constitue un geste d’instauration qui transforme progressivement les fichiers de gestion de l’administration en données. Leur mise en circulation provoque des frictions : pour sortir des réseaux sociotechniques de l’organisation, les données doivent généralement passer à travers des circuits de validation et des chaînes de traitement. Par ailleurs, les données doivent souvent subir d’importantes transformations avant leur ouverture pour devenir intelligibles à la fois par les machines et par les humains. Cette thèse montre enfin que l’instauration concerne aussi les publics dont il est attendu qu’ils visualisent, inspectent et exploitent les données ouvertes. L’instauration des publics par des instruments très divers constitue un autre pan du travail invisible des politiques d’open data. Il ressort enfin de cette thèse que l’obligation à l’ouverture des données publiques, une suite possible des politiques d’open data, pose de manière saillante une question fondamentale « qu’est-ce qu’une donnée ? » Plutôt que de réduire la donnée à une catégorie relative, qui s’appliquerait à toutes sortes de matériaux informationnels, les cas étudiés montrent qu’elle est généralement attribuée dès lors que les données sont le point de départ de réseaux sociotechniques dédiés à leur circulation, leur exploitation et leur mise en visibilité.